lundi 18 janvier 2016

L'armée des ombres de Joseph Kessel

Le livre, l'armée des ombres rentre entièrement dans le thème "résister par l'art et la littérature" car Joseph Kessel fût un Résistant qui d'ailleurs s'inspire de son vécu pour écrire son livre pendant la Seconde Guerre mondiale.
 
 



Alexis Mutillod


5 - Charlotte

L'art juif était considéré par les nazis comme de "l'art dégénéré". Charlotte Salomon fut la dernière étudiante juive des Beaux-arts de Berlin. Les artistes juifs n'avaient plus le droit de produire des oeuvres ni de les vendre.
Peindre pour Charlotte Salomon, c'est déjà résister contre cette loi.


lundi 11 janvier 2016

4- Charlotte

Alfred, l'amoureux de Charlotte Salomon, part combattre au front pendant la Première Guerre mondiale. La violence de la guerre le traumatise. C'est l'art qui lui donne la force de reprendre goût à la vie. L'art est une façon de résister face à la guerre.
Voici les beaux vers qu'écrit David Foenkinos à ce sujet:

"Au coeur des ténèbres retentit alors une mélodie.
Au départ elle est à peine distincte.
C'est la renaissance de sa voix.
Il se met à chanter tout doucement.
Plus que jamais la musique et la vie sont liées.
C'est ainsi qu'Alfred s'est jeté dans le chant: pour survivre.
Comme on se jette à l'eau pour mourir."

Kurt Singer


Dans son livre Charlotte, David Foenkinos raconte l'histoire vraie de Kurt Singer. Jusqu'en 1933, il était directeur de l'Opéra de Berlin. Après l'arrivée des nazis au pouvoir, il plaida la cause des artistes interdits. Il crée la "Fédération culturelle des juifs allemands" et rassemblent autour de lui les artistes juifs. Cette association tolérée par le régime joue pour un public exclusivement juif dans des lieux exclusivement juifs. Ainsi en 1938, environ 2300 musiciens juifs auront été chassés des activités musicales du Reich.

Nazis dans le public. "- Fini! Dehors!" Vie ou Théâtre? Charlotte Salomon, musée juif d'Amsterdam.
Kurt Singer est en voyage aux Etats-Unis pendant la nuit de Cristal en 1938. Il refuse d'y rester et souhaite rentrer en Allemagne. Il reste finalement aux Pays-Bas. Foenkinos écrit
"Il tente de résister par la musique et l'art.
Il donne des concerts
Mais là-bas aussi l'étau se resserre.
Tant de fois, il aurait pu fuir.
Il voulait être près des siens.
Illusoire rempart à la fragilité des autres.
C'est un homme si vaillant.
Les photos montrent sa puissance, sa chevelure folle."


La fédération culturelle juive durera jusqu'en 1941. A partir de ce moment-là, tous les musiciens juifs auront, soit choisi l'exil, soit été directement assassinés, soit déportés dans des camps de concentration.

Kurt Singer fut interné à Westerbork puis déporté en 1942 au camp de Terezin, où de nombreux artistes furent internés. Les nazis laissent des spectacles y être organisés.
Foenkinos écrit:
"Singer continue même à jouer.
Il lève le bras, dirige l'orchestre de sa baguette.
Les survivants de l'orchestre.
Mois après mois, les musiciens s'enfoncent dans le silence.
Et meurent sans cérémonie.
Singer finit par guider deux violonistes chétifs.
il continue jusqu'au bout à motiver les agonisants.
Personne n'y croit plus, sauf lui.
Jusqu'au jour où il tombe d'épuisement, en janvier 1944.
Mort au combat"

Par ce dernier vers, Foenkinos montre en quoi Kurt Singer a résisté jusqu'au bout, en protégeant les artistes et en essayant de faire vivre l'art jusque dans les camps.
Jouer pour lui c'était résister.


Sources: http://resistanceallemande.online.fr/juifs/juifs.htm
Charlotte, David Foenkinos

mardi 5 janvier 2016

3- Charlotte

Charlotte peint en 1943 l'arrivée des nazis 10 ans plus tôt en Allemagne. Ce dessin est une des oeuvres les plus reproduites de Charlotte Salomon. Il montre l'arrivée des nazis au pouvoir, comme l'indique la date "30.I.1933" qui est celle de l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Au 1er rang, un des hommes brandit un drapeau nazi. Sur les 2/3 de l'image apparait une horde de nazis, tous coiffés d'un même couvre-chef. On ne distingue par précisément leurs vêtements, mais ils semblent tous identiques. Ils portent tous une même moustache, à l'image d'Hitler. Charlotte utilise les mêmes couleurs pour les représenter, ce qui donne un effet masse. Ce groupe de nazis, sûrement des SA, est une marée humaine oppressante. Ni la personnalité ni l'individualité de chacun n'apparait. Cela traduit la peur qu'inspire le nazisme à Charlotte
Ce cortège nazi déferle dans les rues allemandes, qu'on devine en arrière-plan. Il oppresse l'image comme il oppresse Charlotte.

"C'est plein d'espoir qu'ils fixent la croix gammée. Le jour de la liberté et du pain s'est levé."
"A cette époque, justement, de nombreux Juifs, lesquels sont peut-être souvent une espèce importune et qui se met en avant, malgré un savoir-faire indéniable, occupaient de hautes fonctions au sein de l'Etat et ailleurs. Ils furent tous renvoyés sans préavis. Vous voyez maintenant quel effet cela produit sur l'état d'esprit des différents individus juifs." Vie ou Théâtre? Charlotte Salomon, musée juif d'Amsterdam.


2- Charlotte

Dans Charlotte, David Foenkinos raconte la descente aux enfer des artistes allemands. Paula, la belle-mère de Charlotte était une cantatrice reconnue. Page 60, l'auteur raconte sa dernière représentation. Juive, elle est victime de l'antisémitisme du public qui la hue et la siffle.
"Bist du bei mir, geh ich mit Freuden zum Sterben und zu meiner Ruh" ("Si tu es près de moi, c'est avec joie que je vais vers la mort et le repos"), extrait de Vie ou Théâtre? © Charlotte Salomon Foundation, Amsterdam

Dès janvier 1933, la cantatrice Paulinka  n'a plus le droit de se produire en public. Partout en Allemagne ont lieu des autodafés. Les artistes, premiers ennemis désignés du régime, se réunissent chez le père de Charlotte. Boucs-émissaires désignés, leur esprit est leur meilleure arme.

" Chez les Salomon, on se retrouve le soir.
Entre artistes, intellectuels, médecins.
Certains persistent à croire que ça passera.
Ce sont les conséquences logiques d'une crise.
Il faut toujours des responsables aux malheurs d'un pays.
Charlotte assiste aux discussions des anéantis."